Thursday, May 05, 2005

Europe of Cretins

Things are getting personal in France, first my translation, then the original in rather fine french.

Michel ONFRAY
philosophe, écrivain

People who will vote No to the European constitution are cretins, morons, imbeciles, and uncultivated. With little purchasing power, little brains, little thought, little feelings. Without qualifications, owning no books, lacking in culture, lacking in intelligence intelligence. They live in shift, in province. They are peasants, villeins, country bumpkins, idiots. They have no idea of History, do not
know what a great political project looks like. They know not the winds of Progress. They ooze fear. Formerly, these same weak voted no in ignorance over Maastricht, not knowing that a ‘Yes’ was going to bring financial success, the end of unemployment, full employment, growth, progress, tolerance between the people, fraternity, the disappearance of racism and xenophobia, the abolition of all contradictions and all the negativity of our post-modern civilizations, that is the capitalist, liberal version. The ‘No’ voter is populist, demagogical, extremist, dissatisfied, and reactionary. He is the prototype man of resentment. His voice mingles with all the fascists, reds, anarchists and other vaguely Vichyite partisans of a mildewed France. Let us say to the World Wide Web: a souverainist is a dog.

On the other hand, the voter of Yes is brilliant, lucid, intelligent, wealthy, immense brain, has a broad view of the world, is full of generous feeling. Qualified, the happy owner of a library of new tomes of wisdom, equipped with a knowledge without boundaries and wisdom beyond measure, he is city dwelling, urbanite, Parisian if possible.
He knows the passage of History, moreover placed his chair in order that he cannot miss a single fashion of the time. Progress, he knows. Fear? Does not know how to spell it.
Sollers, The Sartrian BHL and the Kantian Luc Ferry will tell you. Of course the ‘Yesiste’ voted ‘Yes’ to Maastricht and noted that, as expected, the wages rose, unemployment decreased and the friendship between communities strengthened. The ‘Yes’ voter is democratic, moderate, happy in his skin, balanced, and stable. His voice mingles with people who, like him hate extremes: the liberal Christian democrat, the Chiracian of conviction, the Socialist Mitterrandian, the humanist, the ecologist society man. You must support the ‘Yes’ Ouiste...

Citizens, reflect before making an irrevocable choice!
Michel ONFRAY


L'Europe des crétins

Michel ONFRAY
philosophe, écrivain

Les gens qui vont voter Non à la constitution européenne sont des crétins, des abrutis, des imbéciles, des incultes. Petit pouvoir d'achat, petit cerveau, petite pensée, petits sentiments. Pas de diplômes, pas de livres chez eux, pas de culture, pas d'intelligence. Ils habitent en campagne, en province. Des paysans, des pécores, des péquenots, des ploucs. Ils n'ont pas le sens de l'Histoire, ne savent pas à quoi ressemble un grand projet politique. Ils ignorent le grand souffle du Progrès. Ils crèvent de peur. Jadis, ces mêmes débiles ont voté non à Maastricht ignorant que le oui allait apporter le pouvoir d'achat, la fin du chômage, le plein emploi, la croissance, le progrès, la tolérance entre les peuples, la fraternité, la disparition du racisme et de la xénophobie, l'abolition de toutes les contradictions et de toute la négativité de nos civilisations post-modernes, donc capitalistes, version libérale.
L'électeur du Non est populiste, démagogue, extrémiste, mécontent, réactif. C'est le prototype de l'homme du ressentiment. Sa voix se mêle d'ailleurs à tous les fascistes, gauchistes, alter mondialistes et autres partisans vaguement vichystes de la France moisie, cette vieille lune dépassée à l'heure de la mondialisation heureuse. Disons le tout net : un souverainiste est un chien.
En revanche, l'électeur du Oui est génial, lucide, intelligent. Gros carnet de chèque, immense encéphale, gigantesque vision du monde, hypertrophie du sentiment généreux. Diplômé du supérieur, heureux possesseur d'une bibliothèque de Pléiades flambant neufs, doté d'un savoir sans bornes et d'une sagacité inouïe, il est propriétaire en ville, urbain convaincu, parisien si possible. Il a le sens de l'Histoire, d'ailleurs il a installé son fauteuil dans son sens et ne manque aucune des manies de son siècle. Le Progrès, il connaît. La Peur ? Il ignore. Le debordien Sollers, le sartrien BHL et le kantien Luc Ferry vous le diront.
Bien sûr le Ouiste a voté oui à Maastricht et constaté que, comme prévu, les salaires s'en sont trouvé augmentés, le chômage diminué et fortifiée l'amitié entre les communautés. Le votant du Oui est démocrate, modéré, heureux, bien dans sa peau, équilibré, analysé de longue date. Sa voix se mêle d'ailleurs à des gens qui, comme lui, exècrent les excès : le démocrate chrétien libéral, le chiraquien de conviction, le socialiste mitterrandien, le patron humaniste, l'écologiste mondain. Dur de ne pas être Ouiste...
Citoyens, réfléchissez avant de commettre l'irréparable !
Michel ONFRAY


I think I rather approve of this Onfray chap.

4 comments:

GEA3 said...

quite the philosopher

49erDweet said...

With erudite reasoning like this we see why the French may eventually rule the universe - nah!

Anonymous said...

Until I read the linked bio page, I hoped this was a parody...

Bernat-Winter Harold said...

Le blâme paradoxal de Michel Onfray n'est qu'une petite mise en scène propre à flatter l'esprit du lecteur. Il est inutile d'opposer aux signes d'Onfray d'autres signes en regard. Onfray accepte toutes les distinctions. Il pourrait d'ailleurs être signé "Onfray le poujadiste". Le texte appelle la critique et la rend impossible. Le poujadisme lettré ne démontre absolument rien et la formule "bibliothèque de pléïades flambants neufs" pourrait figurer sans mal dans le dictionnaire des idées reçues de Flaubert. S'il est vrai que la conscience "postmoderne" (étiquette qui ne veut strictement rien dire) veut à tout prix ne pas passer pour le dindon de la farce, Onfray a encore de beaux jours (de publication) devant lui. Ce texte est une fumisterie sans nom qui exploite jusqu'à la corde un poujadisme renaissant qui se donne pour la plus spirituelle des révolutions. Au fait, en guise d'argument, n'oublions pas la seule justification apportée par le texte: "Michel Onfray, philosophe, écrivain".

Twitter